La venue de la COVID-19 a bouleversé nos vies. Pour bien des gens, cette incertitude a fait augmenter les niveaux de stress et d’anxiété, avec 38 pour cent des Canadiens et Canadiennes qui disent que leur bien-être mental a diminué. 

Pour les parents qui doivent jongler avec le travail et les obligations parentales, pour ceux et celles qui vivent seuls et qui se sentent de plus en plus isolés, ou pour les gens qui doivent composer avec la précarité financière associée à la perte d’emploi, la COVID nous a tous perturbés à un certain niveau. 

Valérie Cloutier, championne de la santé mentale et conseillère psychologique agréée en santé et sécurité chez Sodexo Canada, a déclaré que « les problèmes de santé mentale peuvent toucher n’importe qui. En étant davantage sensibles aux autres, nous pouvons faire place à un dialogue plus ouvert. Malheureusement, la pandémie a creusé l’écart pour ceux et celles qui sont déjà vulnérables. On signale que les gens à faible revenu, les personnes racialisées, les minorités autochtones ou les minorités sexuelles souffrent de problèmes de santé mentale pires que les gens de la population générale… » 

Une personne sur deux éprouvera des problèmes de santé mentale avant l’âge de 40 ans, dont des personnes qui sont dans la fleur de leur vie professionnelle. On se désolera par ailleurs de constater que seulement un tiers ira chercher de l’aide. En dépit de multiples campagnes de sensibilisation, nous n’avons pas encore conquis la stigmatisation qui neutralise tant de personnes. Selon Valérie, Sodexo s’efforce de combler l’écart entre la prévalence de la maladie mentale et la réticence à demander de l’aide, tout en éliminant la stigmatisation dans le milieu de travail.   

« Non seulement Sodexo priorise ses efforts pour assurer le mieux-être de ses employés grâce à son programme pour employés SynerVie, mais l’entreprise veut également aller au-delà des services disponibles et toucher les personnes au sein de notre milieu de travail — qu’ils soient au travail ou en télétravail. Cela signifie habiliter les dirigeants, les gestionnaires et les collègues de sorte qu’ils se sentent à l’aise pour soutenir les besoins en santé mentale de leurs collègues de travail, en plus de favoriser un climat de respect et de non-discrimination, où la créativité et la productivité peuvent s’épanouir », a affirmé Mme Cloutier. 

Dans cette perspective, Sodexo a réalisé en partie une vision, en se faisant le défenseur de L’esprit au travail (EAT), un programme fondé sur les données probantes conçu pour aider les entreprises à créer une plus grande prise de conscience face aux problèmes et maladies mentales, en plus de proposer aux employés et aux gestionnaires de la formation axée sur les compétences de sorte à se soutenir les uns les autres et eux-mêmes.

« À une certaine époque, on n’aurait jamais imaginé parler de maladies mentales au travail, mais les entreprises comme Sodexo changent les conventions en ouvrant la porte aux conversations à la table de la salle de réunion. » - Louise Bradley, présidente et chef de la direction de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC)

Louise Bradley
Louise Bradley, présidente et chef de la direction de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC)

« À une certaine époque, on n’aurait jamais imaginé parler de maladies mentales au travail », affirme Louise Bradley, présidente et chef de la direction de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC). « Mais les entreprises comme Sodexo changent les conventions en ouvrant la porte aux conversations à la table de la salle de réunion. Par conséquent, la conversation se retrouvera à la table de la salle à manger. Plus nous verrons d’employés intégrer la résilience au travail, plus ce sera bénéfique pour notre collectivité. »

Bien que cette formation fût déjà prévue avant la pandémie, de nombreux gestionnaires et employés de Sodexo souhaitent activement pointer les projecteurs sur la santé mentale.  

« Avec une séance de formation déjà achevée, en plus des deux gestionnaires Sodexo agréés TWM, dix autres groupes seront formés entre décembre 2020 et août 2021, » a affirmé Mme Cloutier. « Ce désir de participer témoigne de notre volonté commune de réduire les obstacles, car plus nombreux nous serons à cerner une situation problématique, plus rapidement nous pourrons mettre en place les mesures d’aide et de soutien nécessaires ». 

Certains prédisent que la pandémie se traduira par une augmentation du nombre de problèmes de santé mentale et une augmentation de leur gravité. Selon une étudei menée par Deloitte, on estime que le nombre de visites en salle d’urgence pour le stress et l’anxiété en raison de problèmes reliés augmentera d’un à trois pour cent par rapport aux taux avant la pandémie. 

Cela dit, Bradley a fait remarquer que nous ne sommes pas impuissants dans cette situation. « La résilience est un muscle que nous pouvons construire. La promotion de la santé mentale, c’est quelque chose que nous pouvons faire consciemment, par le biais de formation comme L’esprit au travail, afin d’aider à compenser certaines de ces statistiques alarmantes. Tout comme nous avons des projections de ce qui pourrait se produire si nous ne changeons pas les comportements afin d’aplatir la courbe du virus, nous pouvons également travailler à maîtriser les maladies mentales causées par la pandémie et promouvoir des mécanismes d’adaptation efficaces et sains ».  

« La santé mentale et physique va de pair. Tout problème qui survient de la maison ou du travail aura une incidence sur toutes les sphères de notre vie. » - Valérie Cloutier, championne de la santé mentale et conseillère psychologique agréée en santé et sécurité chez Sodexo Canada.

Valérie Cloutier
Valérie Cloutier, championne de la santé mentale et conseillère psychologique agréée en santé et sécurité chez Sodexo Canada

Mme Cloutier approuve. « La santé mentale et physique va de pair. Tout problème qui survient de la maison ou du travail aura une incidence sur toutes les sphères de notre vie. Il y a des choses que nous pouvons faire individuellement, et il y a des choses que nous avons le devoir de faire au sein de notre organisation pour tenter d’empêcher que notre santé mentale se détériore. » 

Sodexo pense déjà à pousser la note encore plus loin en donnant aux employés l’occasion de partager leurs témoignages en santé mentale. 

« Le but est de changer les perceptions. Il est tout à fait normal d’avoir des hauts et des bas et de vivre des périodes plus difficiles que d’autres. Reconnaître que l’on traverse une période de fragilité mentale et d’en parler sans crainte d’être jugé est déjà un grand pas en avant dans l’élimination de la stigmatisation et ainsi inspirer les autres à chercher de l’aide, » a conclu Valérie Cloutier.

04 décembre 2020